Institut Scientifique de Santé Publique - Section Epidémiologie
Surveillance Nationale des Infections Hospitalières


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Surveillance Nationale
des infections par Clostridium difficile

Introduction

Dans le contexte d'incidence croissante de Clostridium difficile (CDAD en anglais, pour C. difficile associated diarrhoea) et de l'émergence de souches hypervirulentes, le Belgian Infection Control Society (BICS) en collaboration avec l'Institut Scientifique de Santé Publique (ISP) ont mis sur pied une surveillance nationale afin de déterminer l'incidence de base de CDAD dans notre pays. L’enregistrement à commencé le premier juillet 2006. La saisie des données se fait en ligne (un mot de passe et un login sont nécessaires).

Depuis le premier juillet 2007, la participation à cette surveillance est obligatoire, pour au minimum un semestre continu par an (janvier/juin ; et/ou juillet/ décembre). Consulter le texte de l'Arrété Royal.

Clostridium difficile est un bacille gram-positif anaérobie, sporulé, et est la première cause de diarrhée nosocomiale dans les institutions de soins. 3% de la population adulte est porteur sain asymptomatique de C. difficile. Le facteur de risque principal de développement de la maladie est l'administration d'antibiotiques (1). Ceux-ci provoquent une perturbation de la flore intestinale. Le développement de l'infection se produit donc chez des sujets sous antibiotiques et porteurs de C. difficile ou contaminés par cette bactérie durant leur traitement. En effet, il a été bien démontré que lorsqu'un patient développait une diarrhée à l'hôpital, son environnement était rapidement contaminé. De plus, les spores peuvent survivre très longtemps dans le milieu extérieur et sont particulièrement difficiles à éradiquer. La dissémination de spores er leur persistance dans l'environnement sont à l'origine des épidémies hospitalières.

En 2004, plusieurs publications canadiennes ont relaté une augmentation très importante et significative de l'incidence des cas de diarrhées à C. difficile dans ce pays au cours des deux dernières années (2)(3). Plus important encore, la gravité des cas a sérieusement augmenté avec en conséquence une plus grande mortalité, surtout chez les patients âgés (4). Les souches isolées lors de l'épidémie canadienne appartenaient principalement au toxinotype III (ou ribotype 027). Elles produisaient des quantités de toxines A et B beaucoup plus importantes qu'habituellement. De plus, elles produisaient une troisième toxine (la toxine binaire) et étaient résistantes à de nombreux antibiotiques (5) dont les fluoroquinolones. Durant l'été 2005, une souche hypervirulente de C. difficile semblable à celle trouvée au Canada a été isolée lors d'une épidémie en Angleterre, puis en Hollande. En septembre 2005, cette souche a été décrite pour la première fois en Belgique (6), et récemment aussi en France (5). En avril 2006, les souches du type 027 avait déjà été identifiées comme souche à l'origine d'épidémies dans 8 hôpitaux belges au total (7).

L'existence de ce clone épidémique, ainsi que l'augmentation du nombre de personnes présentant des facteurs de risque (âge, immunodépression,…), contribuent à l'augmentation de l'incidence de CDAD.

Pour toute information concernant cette surveillance, veuillez contacter le responsable du projet.

 

(MLL 200208)

 


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